2010A – Les Charentes et le Bordelais

Du 10 au 23 mai, nous avons repris nos sacs de pèlerins à travers la Charente et les Landes. 14 jours de mise en train et d’échauffement avant d’affronter les Pyrénées et l’Espagne que nous devrions commencer à parcourir en juin.  En 2009, nous avions arrêté notre périple à Surgères. Comme je l’ai expliqué, dans la page « notre itinéraire », nous sommes repartis cette année de Saint-Jean-D’Angély que nous avons rejoint en train le 9 mai au soir via Bordeaux, où réside notre fille et chez qui nous avions installé notre camp de base.

Saint-Jean-D'Angély est une petite ville au riche passé médiéval. Il suffit de passer sous la porte de l'horloge pour s'en convaincre. L'Abbaye, qui a connu un passé bien mouvementé est le monument majeur de la ville et un point clé du pélérinage.

Saint-Jean-D'Angély est une petite ville au riche passé médiéval. Il suffit de passer sous la porte de l'horloge pour s'en convaincre. L'Abbaye, qui a connu un passé bien mouvementé est le monument majeur de la ville et un point clé du pélérinage.

10 mai : Saint-Jean-D’Angély/Le Juicq. Après une bonne nuit dans la belle Abbaye Royale, nous sommes partis vers 09h30 pour une première étape assez courte; environ 18 km. Très rapidement nous reprenons nos bonnes habitudes. On marche par bonds de 5 km (1 heure 15 minutes) puis pause de 10 mn à un quart d’heure; environ 45 minutes pour le repas de midi. A la première pause, nous connaissons notre premier évènement majeur. Nous rencontrons enfin d’autres pèlerins sur notre chemin. Deux individus bavards et cyclistes (VTT) déboulent dans le chemin et sont surpris par ces deux marcheurs assis sur leurs sacs. Aussitôt un échange sympathique et amical s’engage. Voilà enfin, une des choses que nous cherchions sur ce chemin, de belles rencontres. Il y en aura beaucoup d’autres.

Jean et Dino viennent de Carentan en Normandie. Ils font le même chemin que les marcheurs. Dur dur. Ce sont de vrais baroudeurs. Dino a déjà rallié le Sénégal avec un ami en VTT. Respect

Notre marche reprend, à la découverte du bocage Charentais qui nous réserve de belles surprises. Notamment avec la découverte du beau village de Fenioux qui surgit au milieu des vignes.

Fenioux, sa belle église du IXème siècle et sa lanterne des morts. Désormais, lorsque nous passerons sur la A10 à 130km/h au lieu de 160km/semaine, l'aire de service de "Fenioux" aura une signification pour nous. C'est rassurant de savoir qu'il y a plein de choses intéressantes derrière les talus d'autoroute.

Le soir, nous sommes hébergés chez François et Marie-Hélène dans leur belle ferme d’Antan, à Saint hilaire de Villefranche. François est venu nous chercher au Juicq pour que nous ne rations pas un mètre du chemin. Nous passons une excellente  soirée et le lendemain il nous ramène au même endroit pour une nouvelle étape. Pour info, si vous voulez voir nos hébergements, je vous invite à vous rendre sur la page « les hébergements ».

Il n'y a pas que le bocage en Charentes mais également de magnifiques vignoble par lequel passe la route. Le pineau auquel nous a initié François nous donne un moral d'acier.

11 mai : Le Juicq- Saintes. Un petit 15 km pour ce deuxième jour. Ces petites étapes sont volontaires. Nous ne faisons pas le « Championnat du chemin » et avec notre expérience de l’an passé nous avons pris conscience qu’il faut monter doucement en allure. Qui veut aller loin ménage sa monture. Pourtant la journée n’est pas aussi calme que prévue. Un peu de pluie et boue avec chemins « à la Bretonne » nous remettent rapidement dans l’ambiance. Nous sommes récompensés le soir par l’arrivée dans la belle ville de Saintes.

La ville de Saintes a la chance de posséder un patrimoine très riche. Des vestiges romains (arc de triomphe et cirque) aux seize édifices religieux dont l'abbaye aux dames et Saint-Eutrope, au pied de laquelle nous sommes hébergés. Saintes est un halte de première importance pour les jacquets

12 mai :  Saintes – Pons.

C’est à regret que nous quittons Saintes (vraiment sympathique). Nous sommes au troisième jour de marche.  La mise en place physique s’achève et nous pouvons commencer à allonger les distances. Aujourd’hui nous avons prévu 24 km que nous effectuerons effectivement sans trop de difficulté. La journée est marquée par le froid qui nous saisit dès la sortie de la ville.  Nous ne sommes pas seuls sur le chemin. En effet, nous manœuvrons au milieu des jeunes de l’École de l’air qui ont l’air de découvrir les joies de la marche sous sa forme militaire et la topographie. Je les encourage et les rassure en leur confiant que d’ici une quarantaine d’années, ils marcheront pour le plaisir.  Ils ne m’ont pas parus forcément convaincus. Bonne surprise en arrivant à Pons qui est une très belle ville. La présence de la culture du chemin s’intensifie et ce soir nous dormons dans le gîte de la ville avec six autres pèlerins.

A pons, on célèbre la laïcité. que ceux qui pensent que c'est incompatible avec le chemin n'ont pas compris ce que représente cette valeur.

A la sortie de la ville, les pèlerins nous indiquent le chemin.

Le chemin passe sous la voûte de l'hospital qui accueillait déjà les pèlerins au moyen-âge. Nous avons dormi dans le nouveau refuge, situé dans le bâtiment sur la gauche. Rassurez-vous, le confort y est très contemporain.

13 mai :   Pons – Nieul le Virouil.

Une soirée entre pèlerins. Ce n'est pas très mondain mais ça a le mérite d'être chaleureux.

Nous avons passé une excellente nuit dans le gîte avec nos copains pèlerins. Ces rencontres sont très importantes. La soirée a été très conviviale et le tutoiement est la règle de base qui brise d’entrée les barrières. On a l’impression de se connaître depuis toujours. Il est vrai que nous sommes là pour les mêmes raisons même si les motivations personnelles peuvent être très différentes.  Je n’en parlerai que très rarement sur ce blog et les pèlerins savent rester très discrets sur ce sujet.  Nous avons fait la connaissance d’un certain Jean-Jacques de Vouvray.  Nous en reparlerons plus loin.

D’ailleurs, il nous accompagne ce matin dans les premiers kilomètres. Il a décidé de pousser un peu plus loin que nous pour ce soir. En ce qui nous concerne, nous nous contenterons de 21 km de belle campagne Charentaise vers notre hébergement pour la soirée.

14 mai :   Nieul le Virouil – Saint Aubin de Blaye.

Le soleil est enfin de retour pour cette étape de 25 km qui nous verra quitter les Charentes et entrer dans le Bordelais. Le paysage change. Nous passons du chêne au pin parasol. Les premiers coteaux de Blaye nous indiquent clairement que nous avons changé de monde. Le soir, à l’étape, nous retrouvons jean-Jacques et Emmanuel, que nous avons rencontrés dans la journée. Un petit groupe est en train de se former.

  • Chers amis, lorsque vous passerez au km 489 de la A 10, vous penserez à nous car nous avons franchi ce pont qui est devant ou derrière-vous en fonction de votre sens de circulation. Souvenez-vous. Remember

  • Les coteaux rendent encore plus sympathiques les côtes de Blaye.

  • La belle église de Saint Palais. Si un jour vous passez par là, je vous invite à en découvrir quelques détails. En effet cette église est surtout connue pour ses modillons un tantinet coquin. Vous remarquerez que sur la plupart des photos apparait un petit personnage à chapeau rouge. Il n’est pas là pour égayer les images comme dans les bandes dessinées mais Marie-Yvonne marche toujours devant et a le don de se trouver sur les photos. D’ailleurs, elle adore ça. Si si

  • Je ne voulais pas vous laisser sur votre faim en ce qui concerne les détails. Mais il y a encore plus hard.

15 mai :    Saint Aubin de Blaye – Blaye – Port lamarque.

Il faut 20 kms pour rejoindre Blaye, principalement par une piste cyclable, assez agréable. Nous ferons vite puisque nous serons à Blaye vers 13h00. C’est une journée importante car aujourd’hui nous allons franchir la Gironde par le bac. Enfin, on va naviguer.  Sur le chemin nous retrouvons Jean-Jacques avec qui nous cheminerons et à Blaye, Emmanuel nous attend déjà. C’est ça aussi l’esprit du chemin. Chacun marche à sa vitesse et comme il se sent.  Personne n’a besoin de se justifier. On se retrouve, on se sépare et on est très heureux de se retrouver, ce qui arrive presque automatiquement. On est indépendant mais incontestablement on fait parti d’un groupe ou d’une famille. C’est donc tous les quatre que nous appareillerons, pavillon haut, pour une longue croisière qui durera au moins, une demi-heure. A port Lamarque, Guillaume et Fanny, notre fille,  nous attendent. Ils nous hébergerons pendant les deux soirées suivantes ce qui ne nous empêchera pas de marcher.

Avec Emmanuel et Jean-Jacques, nous attendons le Bac à Blaye.

Petite anecdote: Sur le bac est embarqué un groupe de passionnés de belles voitures. On ressent le mondain genre rotary. Pendant la traversée les pèlerins ont décidé de se mettre à l’abri dans un des compartiments passagers. Un groupe de belle dames, type Carla, nous rejoint mais l’une d’elle balance un : » Ça sent mauvaiiiis! » à la manière 16 ème qui nous laisse perplexes. Est-ce le bateau ou le pèlerin qui peine dans la sueur et le goudron? Nous avons pris le parti d’en rire et ce moment d’humilité sera bénéfique puisqu’elles choisissent de nous quitter et d’aller dehors où le vent et les embruns chassent les mauvaises odeurs

16 mai : Port Lamarque – Blanquefort.

Fanny nous accompagne aujourd’hui. C’est  notre seul rayon de soleil pour cette journée. Nous attendons de beaux vignobles et  des châteaux, nous les avons seulement entre-aperçus lorsque Guillaume nous a déposé à Soussans le matin. Le parcours est monotone et nous devons affronter des routes avec un gros trafic quand ce n’est pas la route qui conduit à la déchetterie.  Nous sommes soulagés d’arriver à Blanquefort.  Décidément dès que nous approchons des grandes villes, on s’éloigne de l’esprit du chemin. D’ailleurs, comme pour Nantes,  nous avons décidé de ne pas effectuer la traversée de cette métropole, certes agréable et riche sur le plan culturel, mais inadaptée aux marcheurs. LA SUITE ……..

Fanny nous a déposé à la sortie de Bordeaux. Derniers instants avant l'entrée dans les Landes.

Fanny nous a déposé à la sortie de Bordeaux. Derniers instants avant l’entrée dans les Landes.

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Responses

  1. Que vous ne goutiez pas aux crus locaux,
    qui l’eut cru ?
    Tout au moins vous n’en parlez pas !!!
    La suite au prochain numéro
    Amicalement

    Sacha


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