2010B – Les Landes

17 mai :   Gradignan – le Barp

Aujourd’hui est une journée spéciale. En effet, nous débutons notre traversée du désert Landais. Sur ces longues pistes, nous avons tout le temps pour réfléchir et rêver. On devient des navigateurs solitaires égarés dans l’immensité des forêts de pins. Il n’y pas d’autre solution que d’attendre l’arrivée au bout de la ligne droite qui précède inexorablement une autre ligne droite. Heureusement, les petites villes-étapes Landaises sont pour nous de véritables oasis. Nous retrouvons au Barp nos deux compères, Jean-Jacques et Emmanuel. Avec la complicité de la boulangère locale, qui nous organise le couvert, nous passerons une soirée réconfortante et bien agréable.

Une ligne droite passe par deux points. Le problème c'est qu'au delà des points, la ligne continue.

Petite distraction. Ici, on fabrique les pelouses pour les grands stades français et étrangers. Notre équipe de France prendra soin de ne pas abimer ce magnifique tapis en minimisant sa présence en Afrique du sud.

Le soir à l’étape. Elle est pas belle la vie?

Voici le kit de survie du pèlerin, le soir, à l'étape. A mon sens, du côté de Vouvray, on n'est pas là pour rigoler.

18 mai :  le Barp – Mons

L’avantage dans les Landes est que le rendement est bon. Faire 20 à 25 km ne pose pas de difficulté. Nous partons de bon matin, tous les quatre. Emmanuel, plus jeune et meilleur marcheur, accélère la cadence et nous quitte. Il veut faire une plus longue étape et son temps sur le chemin est limité. Nous ferons donc une belle étape et la découverte du gîte et du site de Mons embellira encore plus cette belle journée.

D’ailleurs ce soir là je me laisse à penser :

 » le bonheur c’est n’avoir envie de rien, le bonheur c’est profiter de tout et ce n’est jamais là où on l’attend! ». Vous m’en ferez quatre pages.

Ça déboule sur les pistes au petit matin. La météo est superbe et les tenues commencent à s'alléger.

La belle église de Mons en arrière-plan . C'est dans ce cadre magnifique que nous faisons étape. Tout ça rien que pour nous.

19 mai :   Mons – Pissos

Il y a des jours où tout va bien, d’autre non. Aujourd’hui c’est non. D’abord, il fait chaud. Les lignes droites sont de plus en plus continues. Le pèlerin n’est pas là pour se plaindre. Ce n’est pas dans son caractère, simplement il fait remarquer. De magnifiques panneaux, financés par la Communauté Européenne saluent notre entrée dans le département des Landes et le balisage est assuré par l’association Landaises des amis de Saint Jacques.  Là est le problème, car depuis le début, comme pratiquement tous les pèlerins, nous suivons les indications du guide « le chemin de Paris et de Tours » (Rando éditions). Même si cet ouvrage n’est pas parfait, il a été un très précieux guide. Or, dans les landes, le balisage ne correspond pas au guide. Pourtant les responsables de l’association locale Jacquaire devraient savoir que jamais un pèlerin ne fera jamais confiance à un simple balisage si celui-ci n’est pas confirmé par un guide (il nous faudra deux jours pour en trouver le leur). De plus quand ce balisage est manifestement lié à des conflits d’intérêts comme à Pissos, il y a de quoi faire la remarque. En effet, cette belle commune dispose de gîtes municipaux malheureusement interdits aux pèlerins. Pour eux une seule solution d’après la mairie : Se rendre en chambre d’hôtes cinq kilomètres après le bourg chez un charmante dame, comme par hasard élue municipale,  qui nous accueille dans une infrastructure de qualité très moyenne. La nuit, elle nous a abandonnés sans chauffage par un froid de canard et ne s’est représentée que le lendemain à 08h15 (horaire complètement inadapté). Devant ce grand n’importe quoi, il ne reste qu’à inciter les pèlerins à éviter cette bourgade inhospitalière (cas extrêmement rare). Passons rapidement au lendemain.

Un petit coin de paradis.

20 mai :   Pissos – labouheyre

Il y a des jours où tout va bien, d’autre non. Aujourd’hui c’est oui. Nous continuons notre marche avec jean-Jacques, dont nous apprécions la présence, sur un parcours simple et court. Nous sommes accueillis par Jacques et Jacqueline, par un sourire, et dans l’esprit de l’accueil du chemin. Ouf, nous sommes rassurés.

Aujourd'hui, nous sommes rejoints par les ombres qui nous accompagnent sur le chemin. On se sent moins seuls.

Les séquelles de la tempête de 2009 sont encore bien présentes.

Ce soir, chez Jacques et Jacqueline, nous avons dormi dans le poste équipage. J'en ai connu de moins confortables.

21 mai :   Labouheyre-Onesse

Aujourd’hui, nous avons décidé d’en prendre notre parti. Les lignes droites sont interminables et il fait chaud. Et alors? Toujours sur le conseil de nos amis de l’association Landaises nous avons l’immense bonheur de longer l’autoroute. C’est bien, ça permet de devenir sourd et de se faire saluer par les camions à grands coups de klaxons (ça, c’est vraiment sincère et sympathique) .

La pause repas est la bienvenue vers midi à l'ombre des chênes. Il fait 30°C et il n'y a pas d'air.

L’après-midi, pour continuer de nous distraire, nous échappons à un attentat. Pour une fois, nous pouvons emprunter un joli petit chemin forestier. Ça travaille dur dans la forêt et il est vrai que les randonneurs ne sont pas la priorité. Les bucherons ne nous avaient pas vus lorsqu’ils font tomber un magnifique pin, 50 mètres devant nous. D’ailleurs, ils n’avaient pas vu non plus leur tracteur qui, lui, ne sera pas épargné. Ça n’empêche pas une rencontre aimable renforcée de « Désolé, on vous avait pas vu, vous pouvez y aller! ». « C »est pas grave, au revoir et bon courage! ».

Quelques kilomètres de bonheur dans un vrai sentier. Avant l'attentat.

22 mai :   Onesse – Taller.
Le seul moyen pour lutter contre la chaleur est de partir tôt. Donc ce matin le départ est à 07h30 pour nous permettre  d’arriver à la prochaine étape avant 14h00.
Hier soir, nous avons dormi au camping d’Onesse (très bien) et ce soir nous sommes hébergés dans le gîte de Taller. Le soir, nous suivons la finale de la coupe de France de Rugby. Il y a cinq spectateurs dans le bar pour assister à la messe sportive. L’ambiance est aussi déchainée qu’au stade de France et je pense que ce soir là le patron à dû faire fortune. Mais comme il a été également le meilleur client ……

Encore une borne d'encouragement. Pour mémoire, il y a 1880 km du cap Sizun à Saint Jacques de Compostelle. Si cette borne est exacte et mes calculs justes, dans 13 km nous aurons parcouru 1000km.

23 mai :   Taller – Dax.

Aujourd’hui, c’est notre dernière étape. Nous reprendrons notre périple au mois de juin avec la traversée des Pyrénées.  Il fait encore plus chaud, donc nous partons encore plus tôt. Pour cette dernière journée, Jean-Jacques nous accompagne. Nous le quittons l’après-midi à Dax. Il poursuit son périple vers Saint-Jacques. Il reste une de nos plus belles rencontres. LA SUITE ….

Jean-Jacques nous quitte sur le pont de l'Adour. Il va poursuivre son chemin et à ce jour il est arrivé à Compostelle.

Responses

  1. Je crois que j’ai été entendu.
    Mais de là à confondre Bordeaux et Vouvray
    êtes vous bien surs d’avoir pris la bonne route ?

    Amitiés

    Sacha


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