2010C – Le pays Basque – France

je raconte ici notre marche entre Dax et Logrono.  En fait, pour les puristes, au départ de Dax nous sommes toujours dans les Landes mais dès le lendemain nous rentrons dans le pays Basque dans la province de Basse-Navarre et traverserons en Espagne La Navarre. Pour les curieux, le pays Basque est composé de sept provinces. Trois en France et quatre en Espagne. Vous avez 12 secondes pour me les nommer…….

Pour ceux qui doutent de mes connaissances, en  France nous avons  les provinces  Basse-navarre, Labourd et Soule. En Espagne : Navarre , Guipuzcoa, Biscaye et Alava. J’espère que vous vous en souviendrez, sachez que vous n’êtes pas à l’abri d’un quizz. Attention.

5 juin : Dax – Peyrehorade

Nous sommes arrivés la veille par le train après une douzaine de jours de repos qui nous ont permis de bien récupérer de notre traversée des Landes tout en gardant une bonne forme physique. Avant le traversée des Pyrénées, que nous appréhendons,  nous avons prévu une petite remise en jambes avec cinq étapes relativement courtes, une vingtaine de km,  avant Saint-Jean-pied-de -Port. Dès les premiers kilomètres la déconnexion est instantanée et nous sommes heureux de retrouver la route. Ces premiers virages, montées et descentes, rythment  la marche et le temps passe beaucoup plus vite. Dès cette première étape, nous décidons  d’adopter les horaires Espagnols. Nous partons le matin vers 07h00 et nous sommes déjà à Peyrehorade à 13h00. Tant mieux car il commence à faire chaud. Après un repas gastronomique (Ah! les pieds de cochon) nous regagnons notre premier hébergement chez une charmante dame qui nous propose une très reposante chambre d’hôte. Au fait, aujourd’hui, Marie-Yvonne a chapardé ses premières cerises au bord de la route.

Finies les Landes et les longues lignes droites, le paysage change dès la sortie de Dax.

Un petit clin d'oeil pour nous rappeler que nous sommes loin de notre Cap Sizun.

Peyrehorade nous offre une belle carte postale.

6 juin : Peyrehorade -Arancou

Pour un Breton, il commence à pleuvoir seulement sous les averses d’orage. Donc aujourd’hui, il pleut. C’est bien parce que en plus, nous bénéficions d’un son et lumière. Ça éclaire et tonne pas mal. Nous décidons de nous mettre à l’abri seulement si la foudre tombe à moins de 1500m.  Je compte le temps entre l’éclair et le coup de tonnerre. Une seconde = 300 mètres. Ça tombe bien, comme la pluie, et je n’ai pas compté moins de six secondes. De toute façon, il n’y a pas d’abri,  les arbres sont proscrits et les Ponchos ont été efficaces. Nous avons parcourus nos 19 km. Le paysage passe de légèrement ondulé à vallonné. Nous découvrons que nous avons des mollets. Nous arrivons de bonne heure à Arancou. Un magnifique gîte municipal nous attend avec Sangria et une bonne bouteille de rouge. Les Bretons sont ravis.

Une pause méritée à Sorde-l'Abbaye. L'édifice est un incontournable sur le chemin et déjà au moyen-âge, les moines y acceuillaient les pélerins. Derrière passe le Gave de Pau. Ce n'est pas anodin pour un marin car c'est par là que, sous Napoléon, était acheminé le bois des Pyrénées, qui servait à la construction des bâteaux de la marine.

les regards bovins ont remplacé les hospitaliers à Ordios qui acceuillait autrefois les pélerins dans son prieuré. "Pélerin passe ton chemin!"

A Arancou, nous retrouvons avec bonheur les traces de Jean-Jacques qui nous a laissé un message sur le livre d'or.

La réponse est sans appel. Les livres d'or dans les gîtes occupent nos soirées. Ils sont d'une richesse infinies et reflètent les émotions et l'âme du chemin. Pour se donner envie, il faudrait les lire. Peut-être qu'un jour, un livre sur les livres ....

6 juin : Arancou – Saint Palais

Le soleil est revenu. C’est de plus en plus vallonné et les paysages sont de plus en plus beau.  Tout va bien jusqu’à la rencontre avec un paysan farceur. Souvenez-vous, nous avions déjà rencontré en Bretagne une factrice korrigane qui avait tenté de nous perdre dans les bois. A un moment, nous ne voyons plus de pancartes et l’itinéraire nous fait passer par un chemin barré par des barbelés. Un paysan arrive et nous indique un autre passage. Nous arrivons dans une prairie au milieu de nulle part. Apparemment, il n’est pas à son premier coup et nous apprenons à Saint Palais qu’il a déjà fait le coup à trois ou quatre pèlerins. Pas de souci pour le grand navigateur, nous suivons un azimut à la boussole qui nous fait traverser un bois avec une sérieuse pente. Marie-Yvonne tombe dans les orties, elle râle normalement, donc tout va bien,  et nous nous retrouvons dans un champs de maïs que nous traversons avant de retrouver notre chemin. Nous arrivons à Saint Palais vers 13h00. Ce soir, nous sommes hébergés à la maison franciscaine. Il n’y a plus de Franciscains depuis quatre ans mais nous sommes accueillis par des hospitaliers Belges forts  sympathiques.

Pas mal, non!

Le cloitre des Fransciscains à Saint-Palais. Tout ça pour nous deux avec trois hospitaliers qui nous choyés.

8 juin : Saint-Palais – Lacarre

Nous passons de vallonné à extrêmement vallonné. Ça sent les Pyrénées que nous commençons à bien voir. Devant, il y a une bosse qui grandi au fur et à mesure que nous nous approchons.  En plus, aujourd’hui nous avons 24 kilomètres à effectuer. C’est la grande forme et les premières grosses montées sont franchies avec une aisance qui nous surprend. On est des pros. Ce soir on dort dans une ferme. Superbe accueil.

La stèle de Gibraltar. Lieu hautement symbolique car c'est içi que se rejoignent les chemins de Tours, du Vézelay et du Puy en Velay. D'ailleurs, nous y croisons des Marseillais. Ca y est, nous sommes sur l'autoroute.

Une petite côte avec 300m de dénivellé et nous découvrons la petite chapelle de Soyarce auquel est accolé un mini-refuge.

Juste avant Ostabat, nous sommes pris a parti par un troupeau de moutons qui nous tendent une embuscade. Confrontation avec Marie-Yvonne. Après palabre et négociations, ils acceptent de nous céder le passage. Ils n'avaient jamais eu affaire à une Bretonne ceux-là.

9 juin : Lacarre – Orisson en passant par Saint-Jean-Pied-de-Port.

Ca y est, nous y sommes. Nous avons décidés de franchir les Pyrénées en deux étapes. Le col est à 1440 mètres d’altitude. Aujourd’hui, nous montons à 700 m avec un passage de trois kilomètres à 20%. Auparavant, nous parcourons les 9 km qui nous sépare de Saint-jean-de-Pied-de-Port. Il ne fait pas super beau mais il ne pleut pas. En clair, il n’y a pas d’orage. Nous traversons Saint-Jean vers 10h00. Il y beaucoup de godillots et de sac à dos. Nous ne comprenons pas tout le monde. En fait, ils parlent  l’Européen qui est un mélange Franco-espano-italianno-anglo-neerlando-allemand auquel on peut ajouter des variantes japonaises et coréennes. Cette langue fantastique s’apprend en quelques heures. Holla, Where do you venir, buen camino,well,ya ya, good beer,  sayonara, merci,Kenavo.  facile non.

Nous traversons Saint-Jean-Pied-de-Port. Nous commençons à voir beaucoup de pélerins.

Nous quittons rapidement Saint-Jean et de suite attaquons la côte. Le Belge de Saint-Palais nous avait prévenu. Vous verrez : « Après Saint-Jean ça monte tellement que vous avez la route devant le nez et que si vous tendez le bras vous pouvez la toucher! » . C’est vrai, c’est un peu raide mais avec une cadence d’alpiniste, c’est à dire « cool »  comme nous dit un écossais de passage, ça passe. Après le petit village de Hounto, c’est plus sérieux. La cadence d’alpiniste consiste à marcher 100 mètres, reprendre son souffle et refaire 100 mètres. Cool, ca passe et on arrive sans trop de peine et assez fiers de nous dans un lieu magique, le refuge d’Orisson. Ca sera, une de nos plus belles soirées. D’abord parce qu’on découvre un autre aspect du chemin. Nous sommes une quarantaine de pèlerins, l’ambiance est superbement conviviale. Ensuite parce que  les patrons du refuge sont des pros de l’accueil et savent créer ce moment si particulier dans un cadre idyllique.

On prend de l'altitude dans notre ascension vers Orisson.

Nous avons été gentils et le refuge nous offre une suite princière. Nous avons le privilège de ne pas dormir dans le dortoir et nous avons apprécié cette nuit dans notre petite cabane à l'abri de la pluie et du vent qui ont sévis toute la nuit.

10  juin : Orisson – Ronceveaux.

Nous n’appréhendons pas trop cette journée. Il nous reste 700 mètres de dénivelé mais avec un gradient moins difficile.  C’est raté, dès le départ nous subissons des grains avec des rafales de vent. Bien sûr de face. Ce n’est rien car au débouché d’un virage nous affrontons un vent violent et constant. Du rude, le marin estime la vitesse du vent à 70 nœuds. 150 km/h pour les terriens. Les conséquences sont immédiates. On s’accroche sur la route. Par moment, il faut résister pour ne pas reculer. Marie-Yvonne se met à l’abri derrière moi puis nous nous accrochons l’un à l’autre. A deux on est plus solide; Ça ne rigole pas du tout dans la montée. Une dame de Lorient est renversée et se fait mal au bras. Elle doit être évacuée. Bientôt, nous rattrapons une petite Japonaise qui a trouvé une technique en marchant à quatre pattes. Incroyable. Nous trouvons un abri et je vais la chercher. je suis presque obligé de la porter. Heureusement, c’est un poids plume. Tout aussi incroyable, nous réussissons à progresser dans cet enfer éolien, mais c’est vraiment dur. On profite, tout de même, des paysages sublimes qui nous entourent car la visibilité est bonne. Vers 12h00, nous atteignons le sommet. Grande victoire et nous sommes en Espagne. Marie-Yvonne est fière. Elle le peut car tout le monde n’aurait pas supporté ce qu’elle vient d’accomplir. Elle est étonnante. On trouve un abri pour notre casse-croute en compagnie d’une demi-douzaine d’aventuriers. Le terme de refuge prend tout son sens. A l’intérieur, il n’y a rien ou presque mais quel bonheur et quelle chaleur.  Dans la difficulté, la solidarité entre les pèlerins a été hors norme et cette journée a été une riche expérience humaine. Ensuite c’est la descente, au détour d’un virage, nous apercevons l’abbaye de Ronceveaux qui se présente à nous comme un oasis dans cet océan de verdure. Il nous faut encore marcher deux heures et la descente s’avère aussi délicate que la montée car le vent est encore présent. Dans l’ambiance de la journée, l’accueil des hospitaliers est assez froid mais on s’en fout car après cette folle journée des liens forts se sont tissés entre pèlerins et le groupe restera uni les jours suivants. LA SUITE….

Départ au petit matin. La pluie et le vent menace.

Nous réconfortons la petite Japonaise qui sous une apparence fragile a montré une détermination que nous avons admiré. Nous la retrouverons le soir à Ronceveaux

Marie-Yvonne a trouvé un abri. A la sortie, le chapeau s'est envolé et je suis obligé de faire de l'escalade dans les rochers pour le récupérer.

Victoire. A midi nous découvrons notre refuge et nous sommes pratiquement au sommet.

Nous abordons la descente. En bas, Ronceveaux (Roncevales) et l’Espagne qui s’offre à nous. LA SUITE ….
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Responses

  1. Salut à tous les deux, je vois que la meilleure façon de garder la forme c’est encore de marcher.
    Bravo, je n’ai pas tout visionné seulement le pays basque français mais c’est pour mieux apprécier la suite à ma prochaine connexion.
    Toute cette histoire donne envie de faire des voyages avec ou sans monture!!!

    A la prochaine étape

    Colette

  2. Bravo
    Contrairement à Roland,
    vous en etes sortis vivants !!!

    Amicalement

    Sacha

  3. Bravo à tous les deux. J’adore les étapes de montagne et les paysages superbes. Nous connaissons bcp les Pyrénées mais pas le coté mer ouest. Toutes vos aventures donnent envie de partir tout de suite, malgré le vent, la pluie, les km et encore les km et les vaches et le vent et la pluie et les casssses pieds de toutes sortes. j’espère avoir des détails un peu croustillants de l’aventure ds le prochain épisode.
    Nous partons ds les Pyrénées le 2 janvier pour 15 jours du coté de chez Rolland

    A bientôt pour de nouvelles histoires Christine


Répondre à kerivel christine et alex Annuler la réponse.

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